COMMENT ORGANISER NOTRE TERRITOIRE À L'ÈRE NUMÉRIQUE ?

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On connaissait la scission entre rural et urbain. Mais aujourd'hui, la fracture n'a jamais été aussi forte. 
23.01.2019
Planet Enlighters
FORWARDEZ-NOUS !
COMMENT ORGANISER NOTRE TERRITOIRE À L'ÈRE NUMÉRIQUE ? 
Nicolas Colin
Hello ! 🙂
Je suis Nicolas, co-fondateur et associé de The Family, une société d'investissement pan-européenne qui soutient les entrepreneurs ambitieux. Je réfléchis aussi aux nouvelles institutions adaptées à l'âge entrepreneurial, et je viens d'ailleurs de sortir Hedge, un livre qui pose les bases d'un nouveau contrat social pour l'économie numérique.
@Nicolas_Colin | nicolas@thefamily.co

La mondialisation et la transition numérique font disparaître les emplois de la vieille économie fordiste, qui étaient si bien répartis sur le territoire. Les viviers à créer sont désormais dans deux catégories :

1/ Les emplois qualifiés dans l’économie numérique (développeurs, designers...) ou à son voisinage (avocats, banquiers...) ;
2/ Et ceux, moins qualifiés, dans les services de proximité comme l’éducation, la santé, les transports, la restauration, le petit commerce ou les services à la personne.

Le point commun à ces emplois, c’est qu’ils sont concentrés dans les villes. Et si l’on n’arrive pas en créer assez, notamment pour les moins qualifiés, c’est que les villes sont devenues hors de prix et les travailleurs n’arrivent plus à se loger là où on a besoin d’eux !

Il nous faut donc partir en guerre pour adapter le territoire à la nouvelle géographie des emplois et livrer bataille sur quatre fronts.

#1 Le premier, c’est l’augmentation du taux d’occupation :
# Nous sommes prisonniers de l’idée de la destination : celle selon laquelle un bien immobilier doit être soit un bureau, soit un commerce, soit un hôtel, soit un logement.

# Or ces vieilles catégories sont inadaptées aux villes d’aujourd’hui. Le droit de l’urbanisme devrait faciliter la conversion fréquente des bureaux en logements ou des logements en hôtels, et même faire en sorte qu’un bien puisse servir plusieurs destinations en même temps.

# Par exemple, nombre de grandes villes se battent aujourd’hui contre Airbnb pour empêcher les résidents d’accueillir des touristes. Or c’est l’inverse qu’il faudrait faire : puisque les biens immobiliers sont si rares, pourquoi ne pas encourager le fait qu’un même bien soit occupé tantôt par des résidents et tantôt par des touristes ?
#2 Le deuxième front, c’est l’accélération de la mobilité dans le parc immobilier :
# Les travailleurs d’aujourd’hui ne peuvent plus compter sur la stabilité qui caractérisait l’économie fordiste. La seule façon de s’en sortir est d’être plus mobiles : pouvoir déménager en un clin d’oeil à chaque fois qu’ils changent de situation professionnelle.

# Or rien n’est fait pour faciliter cela aujourd’hui. Le modèle dominant de l’accès à la propriété crée d’innombrables frictions et contribue à la hausse continue des prix. A cela s’ajoute l’état déplorable du secteur des intermédiaires (agents immobiliers, notaires, syndics), qui empêche la transparence et la fluidité. 

# Là aussi, tout est à réinventer : le financement du logement et l’organisation même du marché immobilier. C’est ce à quoi s’attaquent des entreprises numériques comme Zillow aux Etats-Unis et LouerAgile en France. 
#3 Le troisième front, c’est l’augmentation de la taille du parc. En deux mots : construire plus. Beaucoup de gens ont intérêt à ce que nos villes restent en l’état et deviennent des musées. Mais les villes sont les moteurs de la croissance économique. Plus on empêche leur croissance, moins on crée d’emplois :
# Pour construire plus, il ne suffit pas de faciliter l’obtention des permis de construire ; il faut aussi générer de la productivité dans la filière du bâtiment. On ne peut pas construire plus si l’on n’apprend pas aussi à construire moins cher.

# Des progrès sont observés grâce au développement de la “construction hors site”, c’est-à-dire la construction en deux temps : on produit les bâtiments dans des usines à l’extérieur des villes, avant de les assembler sur place – tout cela facilité par le numérique.

Aux Etats-Unis, Katerra, qui vient de lever près d’$1 milliard auprès de SoftBank, est le leader de ce secteur en pleine croissance. En France, cette thématique commence à émerger, avec un écosystème naissant autour du nouveau magazine Hors Site.
#4 Le quatrième et dernier front, c’est l’accès à la ville pour ceux qui n’y habitent pas. Une façon d’interpréter la crise des “Gilets Jaunes”, c’est de réaliser que ceux-ci souffrent de l’éloignement de ces grandes villes :
# Multiplier et intensifier les liaisons ferroviaires et faciliter le covoiturage peuvent faciliter l’accès à la ville. La SNCF pour le rail et BlaBlaCar pour la voiture sont deux parties de la réponse à la concentration des activités dans les grandes agglomérations !

# Le développement de nouvelles formes de travail, comme le travail à distance ou le travail indépendant. Ces nouvelles formes, encore balbutiantes, permettent de s’installer loin des villes tout en s’y rendant de temps en temps. 
BOTTOM LINE 
Mais pour cela, c’est aussi toute l’organisation de la vie à l’extérieur des villes qui est à repenser. Si les travailleurs de la périphérie doivent se rendre fréquemment au centre, ils ont besoin de services qui facilitent deux choses : 
# Il faut pouvoir avoir une vie agréable loin des villes : les déserts médicaux et la raréfaction des services publics sont donc un problème.

# Il faut aussi pouvoir s’absenter fréquemment de chez soi pour se rendre en ville, y compris pendant plusieurs jours. De telles contraintes créent des problèmes inédits : par exemple, ceux qui ont des enfants doivent pouvoir trouver facilement des solutions de garde pendant les périodes où ils doivent s’absenter. 
POINT FINAL
Réorganiser le territoire pour l’adapter à la transition numérique est une façon d’entendre le message des “Gilets Jaunes”, qui sont en quelque sorte piégés à l’extérieur des grandes villes et ne bénéficient pas de cette croissance économique de plus en plus concentrée. Si nous ne réglons pas ce problème dans notre économie plus numérique, la fracture sociale ne fera que s’aggraver ! 


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