UNE START-UP FACILITE LE DIAGNOSTIC POUR LES NEOPHYTES

La start-up Pocramé a récemment présenté une solution qu’elle a mise au point pour permettre à des non-médecins de diagnostiquer de nombreuses infections.

Pour quoi faire ? Sa solution équipe déjà une quarantaine de bateaux de transport maritime. Elle pallie ainsi l’absence de médecin, critique lorsqu’on est en pleine mer. Sur terre, aussi, elle pourrait se révéler indispensable pour le diagnostic en régions isolées, où le manque de représentants du corps médical se fait toujours plus sentir.

Ce type de produits, comme la technologie appliqué à la médecine promet de véritables progrès et un nouveau type de soutien pour les professionnels de santé, notamment dans les endroits où ils viennent à manquer.


TESTS EN KIT
C'est la facilité d'usage de l'outil de Pocramé qui résout un vrai problème. Son système Mephi-Lab se présente en deux parties :

  • le kit de tests, qui permet prélèvements de salive, d’urine ou de sang, et l’interface sur tablette, qui permet de décrire les symptômes du malade
  • Le logiciel, relié en permanence à un pôle de médecins de l’Institut Hospitalo-Universitaire Méditerranée Infection, dicte les réactifs à insérer dans le détecteur. Celui-ci analyse ensuite les échantillons en une dizaine de minutes.

L’opération permet aussi bien de détecter la plupart des maladies infectieuses courantes que des maladies tropicales ou les syndromes de détresse cardiaque. Sacré avantage, donc, pour discerner les cas graves des problèmes bénins - et éviter ainsi de dérouter des navires entiers pour de fausses alertes. 


LA TECH POUR PALLIER UN MANQUE
Ce genre de produit démontre l'intérêt de la technologie dans les zones où les médecins sont rares. En France, par exemple, la question des déserts médicaux est un véritable problème de santé publique : il est des régions où il faut quelquefois attendre des mois avant d’obtenir un rendez-vous.

Pour parer au problème, des solutions comme celles de Pocramé pourraient au moins rassurer les patients sur la gravité ou non de leur pathologie, sans qu’il ne soit nécessaire de consulter tout de suite. La télémédecine est une autre piste d'automatisation, que l’on parle de télésurveillance de patients atteints de maladies chroniques ou de conseils de professionnels dispensés à distance.


... SANS REMPLACER LES PROFESSIONNELS
Pour autant, ce n’est pas demain que les applications et autres technologies d’aides au diagnostic remplaceront le personnel soignant. Alors que l’académie américaine de médecine recommandait en 2015 un recours croissant à l’intelligence artificielle pour corriger les erreurs des médecins, une étude de l’école de médecine de Harvard démontrait encore l'an dernier l’importance de l’humain. Selon ses conclusions, les applications d'auto-diagnostic n'ont raison du premier coup que dans 34% des cas, par opposition aux 72% de diagnostics exacts établis par les professionnels de santé.

En fait, au-delà des cas d’absence totale de médecins, auxquels une start-up comme Pocramé se propose de répondre, la tech peut aider la médecine en se plaçant comme soutien des professionnels. Aphabet et IBM sont déjà en lice pour développer des intelligences artificielles réellement efficaces en terme de santé : celles-ci seront les mieux à mêmes de tirer profit du big data (= grande masse de données médicales) pour affiner des diagnostics complexes comme ceux du cancer ou des maladies cardiovasculaires, ou pour proposer différents parcours de santé afin de répondre au mieux aux besoins d’un patient - c’est ce que propose Watson, l’IA d’IBM.

Les possibilités sont multiples, et les applications seulement naissantes. On attend le jour où l'on nous annoncera que des robots sont capables de diagnostiquer les maladies et prescrire des médicaments. Vu les questions éthiques et légales que cela soulèverait, on a le temps de voir venir. 


Book Covers - Oddisee ft Nick Hakim (2015)