$50 millions pour Astroscale : il est temps de nettoyer l'espace

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Les 750 000 débris d'au moins un centimètre se baladant dans notre orbite basse pourraient gâcher nos rêves de conquête. 
07.11.2018
Planet
 FORWARDEZ-NOUS 
$50 MILLIONS POUR ASTROSCALE : IL EST TEMPS DE NETTOYER L'ESPACE
gravity debris

Dans la course à l'espace, il y a ceux qui veulent le conquérir et ceux qui veulent en faire un lieu harmonieux.

Astroscale a choisi la deuxième option : l'entreprise de Singapour vient de lever $50 millions pour nettoyer l'orbite terrestre. 

Ce qu'elle veut faire : financer sa mission de démonstration Elsa-d, prévue pour 2020. Elle mettra en scène un satellite "chasseur" et une cible dans le but de prouver que des petits satellites peuvent capter des débris dans l'orbite basse (= jusqu'à 2000 Km d'altitude). 

POURQUOI C'EST IMPORTANT : 
Déjà parce le problème est de taille et qu'il ouvre un tout nouveau marché. Et surtout parce que l'augmentation des débris pourrait nous faire atteindre un point de non retour rendant impossibles les futures missions spatiales. 
NOTRE ORBITE A BESOIN D'UN COUP DE MÉNAGE
La conquête spatiale a débuté en 1957 avec Sputnik, premier satellite artificiel construit par l'homme. Puis la course à l'espace s'est accéléré pendant la Guerre Froide, avec comme point d'orgue la mission Apollo 11, en 1969. 

Aujourd'hui, cette course folle semble renaître de ses cendres : 

# Les agences spatiales gouvernementales multiplient les missions. En 2017, Trump a signé une directive visant à renvoyer des astronautes de la NASA sur la lune. 

# Les patrons milliardaires réinventent aussi cette industrie. En première ligne : SpaceX (Musk), Blue Origin (Bezos) et Virgin Galactics (Branson). 

# Beaucoup de startups veulent aussi y participer et se placent sur le segment des petits satellites, segment de l'industrie spatiale à la plus forte croissance. Au premier trimestre 2018, $1 milliard a été investi dans ces startups. 

Résultat : ça fait beaucoup de lancements prévus et un orbite de plus en plus surchargé. Depuis 1957, il y a eu 5200 lancements qui ont mis en orbite 23 000 objets traçables. Parmi ceux-là, environ 1000 sont des satellites encore actifs, le reste étant des déchets (restes de fusée, propulseurs...). 
space debris
Qui pollue et comment ? (via Business Insider)

DES NOUVEAUX ENTRANTS ONT DONC SAUTÉ SUR L'OCCASION
Rappelons une chose : l'industrie spatiale est un marché qui devrait atteindre $3 billions dans 30 ans, contre $340 milliards aujourd'hui. Pour les débris, le marché se scinde pour le moment en deux parties : 

1/ Les trackeurs : 
Si les gouvernements ont mis en place au fur et à mesure des outils pour tracer ces déchets, de nouveaux acteurs privés sont apparus. La startup californienne LeoLabs, qui a levé $13 millions en juillet auprès d'Airbus, développe par exemple des radars permettant de tracker tous ces débris et proposent des services aux entreprises et agences du secteur. 

2/ Les nettoyeurs : 
Astroscale en fait partie. Le but de ces acteurs est de développer des technologies pour capter les déchets. En avril dernier, RemoveDebris, projet expérimental de l'Agence spatiale européenne, a été mis en orbite par le Falcon 9 de SpaceX. Avec son filet et son harpon, il vient de réussir son premier test de capture de débris fin septembre.

OUI, MAIS QUEL EST LE RISQUE ? 
En orbite basse, chaque débris se déplace environ à 28000 Km/h, soit 10 fois la vitesse d'une balle de pistolet. Vous voyez le problème. Dans ces circonstances, il y a donc deux grands risques : 

1/ La multiplication des collisions spatiales 
"À cette vitesse, la force d'un choc d'une sphère de 10 cm d'aluminium est équivalente à 7 tonnes de TNT" précise un ancien scientifique de la NASA. Les débris peuvent donc gravement endommager les appareils actifs en orbite. 

2/ Les réactions en chaîne 
En 1978, le consultant de la NASA Donald Kessler met en garde contre un scénario dans lequel un volume-seuil de débris spatiaux pourrait engendrer un nombre exponentiel d'impacts et donc de nouveaux débris. Ce cas de figure, exposé dans le film Gravity d'Alfunso Cuarón, peut mener à la formation d'une ceinture de débris empêchant tout vol spatial ou lancement de satellites.  
Space debris 2
Une simulation des débris entourant la Terre, par l'ESA

Bref, si l'industrie spatiale veut continuer de se développer et si nous voulons poursuivre l'exploration du Deep Space comme le prévoit la NASA, mieux vaut s'attaquer au problème rapidement.

  NOW PLAYING... Quarantine - Justin Hurwitz (First Man Original Soundtrack - 2018) . Un morceau... spatial

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