Affaire Ghosn : un départ en plein coeur des nouvelles guerres de l'automobile

*|MC:SUBJECT|*
Réponse : après avoir atteint le sommet. 
23.11.2018
Planet
FORWARDEZ-NOUS 
AFFAIRE GHOSN : UN DÉPART EN PLEIN COEUR DES NOUVELLES GUERRES DE L'INDUSTRIE AUTOMOBILE 
Ghosn manga

Lundi, le PDG de l'alliance Renault-Nissan-Mitsubishi a été arrêté à la sortie de son jet privé, et a été démis hier de ses fonctions de président de Nissan. 

En cause : Carlos Ghosn est suspecté d'avoir sous-déclaré une partie de ses revenus entre 2010 et 2015. 

Une arrestation qui intervient alors même que Ghosn préparait... une fusion entre Renault et Nissan. 

POURQUOI C'EST IMPORTANT : 
Pour (au moins) deux choses : 
1/ Cette arrestation remet en cause la position de leader mondial de l'alliance Renault-Nissan-Mitsubishi
2/ Et elle intervient au moment où les dynamiques du secteur automobile sont en train d'être complètement redéfinies. 
CONSTAT : EN 20 ANS, L'ALLIANCE A TOUT RAFLÉ

En 1999, Renault profite de la passe difficile de Nissan pour acquérir 36% de son capital, et nomme Carlos Ghosn à sa tête. Puis en 2016, Nissan profite lui aussi du scandale qui enfonce Mitsubishi pour prendre des participations afin de profiter de son savoir-faire en R&D. 

Aujourd'hui, l'alliance Renault-Nissan-Mitsubishi ressemble à ça : 

Alliance shares
Grâce à la stratégie de Ghosn, surnommé le cost killer, Nissan remonte la pente dès 2001. 

Et il sait aussi saisir les opportunités : l'alliance prend des participations dans Daimler (Mercedes...) et Avtovaz (premier constructeur automobile russe), mise avant tout le monde sur la voiture électrique... et on pourrait en citer encore beaucoup

Résultat : l'alliance devient le premier constructeur automobile mondial avec 11% des véhicules vendus dans le monde en 2017. 
C'ÉTAIT DONC LE PIRE MOMENT POUR PARTIR
Ghosn est donc au centre de cet empire. Depuis son arrestation, ça se reflète d'ailleurs sur les cours de bourse : -12% pour Renault, -11% pour Nissan et -4% pour Mitsubishi. 

Au delà des chiffres, les enjeux à venir pour le constructeur sont immenses : 

# Concernant la voiture électrique et autonome, la concurrence va être rude. Si Nissan domine le marché européen avec sa Nissan Leaf, l'arrivée de la Tesla Model 3 a posé sérieusement problème au constructeur. Et si Renault a aussi développé sa propre voiture autonome, les acteurs de ce nouveau marché sont nombreux.

# De plus, les nouvelles formes de mobilité bousculent le marché. Que ce soit la remise en cause de la possession d'une voiture personnelle, ou la pression des services de VTC, Ghosn avait senti le vent tourner : en février, l'alliance s'est par exemple associé avec Didi, le Uber chinois, pour développer une plateforme de partage de voitures électriques. 

# Enfin, les géants numériques veulent aussi leur part du gâteau. La valeur des voitures glissant peu à peu vers le software, leur rôle va être crucial dans l'industrie. Là aussi, l'alliance s'était positionnée : en Mars, Renault a renforcé son partenariat avec Alibaba pour la vente en ligne de ses voitures en Chine, et en septembre, le constructeur s'est allié avec Google dont le système Android équipera ses voitures, 
MAIS À DEUX, ON EST QUAND MÊME PLUS FORT

Selon le Financial Times, Ghosn voulait amorcer une fusion entre Renault et Nissan. Certains membres du groupe japonais auraient alors voulu bloquer ce partenariat "irréversible".

Mais, pourquoi ?

# Renault est le "maillon faible" de cette alliance. Si on regarde les chiffres, Nissan génère des revenus deux fois supérieurs à ceux de Renault, même si les marges du groupe français sont en hausse

# Malgré ces chiffres, la fusion entraînerait une baisse de pouvoir pour Nissan. Les 15% de participations dans Renault ne lui confèreraient quasiment aucun droit de vote et un contrôle limité sur le constructeur français. 

Conséquence : Nissan ne veut non seulement pas perdre son pouvoir, mais il veut aussi éviter que le gouvernement français, qui détient 15% de Renault, ait la main sur certaines décisions (et accessoirement sur sa trésorerie de $10,7 milliards...). 

Ce qui est certain, c'est que pour survivre aux transformations qui secouent l'industrie, Nissan et Renault ont besoin l'un de l'autre. Reste alors à voir le sort qui sera réservé à (l'ancien) héros de mangas. 


 NOW PLAYING... Summer Blue - Bread & Butter (1979). Un peu de funk japonais ensoleillé ne pourra qu'apaiser cette crise 🏝Bonne fin de semaine 🖖

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