GreenRock : pourquoi le plus puissant gestionnaire d'actifs du monde commence à parier sur l'économie circulaire

GreenRock : pourquoi le plus puissant gestionnaire d'actifs du monde commence à parier sur l'économie circulaire
 

BlackRock gère plus de $6 800 milliards d'actifs, soit 2,7x le PIB de la France.

Mardi, il a annoncé l'ouverture d'un fonds de $20 millions en collaboration avec la fondation Ellen MacArthur dédié à l'économie circulaire. Un geste plutôt.. intéressant. 
 

 Pourquoi c'est important

BlackRock est une des institutions les plus puissantes du monde, une vraie pieuvre. Et comme les consommateurs et les gouvernements poussent les entreprises à se verdir, il a flairé la bonne affaire pour redorer son blason. 
 

Quelque chose à se reprocher ?

BlackRock gère l'argent de très gros investisseurs (fonds de pension, assurances, banques...) et attire aussi les petits épargnants grâce à ses ETF, des produits financiers qui suivent le cours des indices boursiers (= $2000 milliards placés au total).

BlackRock manage environ 2500 fonds mutuels ce qui fait de lui l'investisseur n°1 dans les énergies renouvelables et dans ... les énergies fossiles.
 

Time to go green

Son nouveau fonds BGF Circular Economy Fund va bénéficier à des entreprises comme Adidas qui s'est engagée à n'utiliser que du plastique recyclé dès 2024 ou la startup Tomra qui vend des machines pour consigner le plastique.

Derrière ça, deux objectifs :

1/ Capitaliser sur l’économie circulaire qui pourrait rapporter €1.8 trillions/an en 2030 selon Mckinsey. 
2/ Reverdir son image auprès des petits épargnants depuis qu'il a été épinglé pour avoir voté contre des résolutions pro-environnementales lors de conseils d'administration.


La finance va-t-elle donc nous sauver... ? 

D'ici 2020, la Deutsche Bank estime que 50 % des actifs gérés par les fonds intégreront des critères sociaux et environnementaux dans leur gouvernance.

Aux Etats-Unis, les fonds indiciels (BlackRock, Vanguard ou State Street) contrôlent la moitié des fonds communs de placement d’actions (= un gros pouvoir de décision dans les conseils d'administration).

Mais dans les faits, ils n'utilisent pas beaucoup ce pouvoir. En 2018, Blackrock n'a fait que suivre le management dans 93 % des cas. 

Même si c'est aux entreprises de décider de leur engagement, comme Lego qui vient d'annoncer un programme de recyclage de ses briques, les fonds d'investissement ont leur carte à jouer en imposant une pression supplémentaire.
 

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