Silicon Valley - Softbank - Arabie Saoudite : le trio aux liaisons dangereuses

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Personne ne semble savoir comment réagir à l'ouverture du "Davos du désert", qui s'ouvre sur fond de meurtre. 
FORWARDEZ-NOUS 
24.10.2018
SILICON VALLEY - SOFTBANK - ARABIE SAOUDITE : LE TRIO AUX LIAISONS DANGEREUSES
saudi arabia

Hier était inaugurée la deuxième édition du "Davos du désert", la Future Investment Initiative. Organisée par le prince saoudien Ben Salman à Riyad, cette conférence a pour but de discuter des grandes tendances économiques et d'attirer nouveaux partenaires. 

Petit problème : les hauts responsables saoudiens sont soupçonnés du meurtre du journaliste saoudien Jamal Khashoggicritique du régime du pays, depuis sa disparition le 2 Octobre. 

En réaction, beaucoup de personnalités économiques ont boycotté la conférence (Uber, JPMorgan, Christine Lagarde...). Mais un reste (à moitié) fidèle : Mayasoshi Son, le CEO de Softbank. 

POURQUOI C'EST IMPORTANT : 
Parce que les relations entre la Silicon Valley, Softbank et le royaume d'Arabie Saoudite sont très étroites. Et surtout parce que ce trio se retrouve mêlé à une crise géopolitique
LOVE AT FIRST SIGHT : "MASA" ET BEN SALMAN
Tout commence à Tokyo, en novembre 2016. Le CEO du conglomérat japonais pitche au prince héritier la mise en place du plus gros fonds d'investissement n'ayant jamais existé.

Le Vision Fund de Softbank est né : $100 milliards pour financer les startups Tech à travers le monde, dont $45 milliards provenant du Public Investment Fund (PIF), le fonds souverain saoudien.
Vision Fund
D'où vient l'argent du Vision Fund ?

À l'origine, une idée forte : le prince veut diversifier et moderniser son économie, qui repose essentiellement sur les pétrodollars. Le Vision Fund fait partie intégrante du plan de transformation du pays initié par Ben Salman en 2016, Saudi 2030. Un deuxième Vision Fund serait d'ailleurs dans les clous. 

Mais depuis l'annonce de la mort du journaliste saoudien, Mayasoshi Son ne s'est pas expliqué publiquement. Embarrassé, il a même décidé d'annuler hier en catastrophe son intervention lors de la conférence, même s'il y participera. 

L'ARGENT SAOUDIEN EST PARTOUT - ET SURTOUT DANS LA TECH
Les pétrodollars saoudiens se retrouvent partout dans l'économie mondiale. L'année dernière, le fond souverain saoudien a par exemple investi $20 milliards dans des grands projets d'infrastructures américain avec General Electric.  

Et malgré les doutes entourant la mort du journaliste, l'Arabie Saoudite a pourtant signé pour $50 milliards de deals dès l'ouverture de la conférence hier, notamment avec Total ou Hyundai.

Mais cet argent est de plus en plus dans la Tech. En 2016, le PIF investissait déjà $3,5 milliards dans Uber. Avec le Vision Fund de Softbank, c'est tout le secteur qui en profite : Slack, Nvidia, GM Cruise, Wag... Fin août, c'est le spécialiste des espaces de coworking WeWork qui a reçu $4,4 milliards.

Si on résume, voici les principaux investissements de Softbank :

Investissements Softbank
La liste complète ici.
DU COUP, LA SILICON VALLEY TRINQUE
Au début du mois, une douzaine des plus célèbres patrons de la Silicon Valley ont été nommés conseillers du projet NEOM. Marc Andreessen (a16z), Sam Altman (YCombinator), Travis Kalanick (ex-Uber)... beaucoup soutiennent ce projet à $500 milliards de ville futuriste en plein désert. 

Mais depuis les soupçons du meurtre de Khashoggi, silence du côté de la Silicon Valley, à quelques exceptions près. Et pour cause : profitant de l'argent du régime saoudien, les plus grandes entreprises de la Valley et Softbank se trouvent maintenant mêlées à une crise géopolitique majeure.  

Résultat : difficile pour la Tech d'échapper au regard suspicieux de l'opinion publique américaine, malgré le boycott. Donald Trump, qui a fait de sa relation avec les Saoudiens la pierre angulaire de sa politique au Moyen-Orient, se montre de plus en plus critique sur cette affaire, comme les dirigeants européens.  

Contre toute attente, la famille du journaliste a été reçue hier par Ben Salman en personne. Si la lumière n'a pas encore été faite sur le meurtre, au moins deux protagonistes jouent leur crédibilité dans cette affaire : l'Arabie Saoudite, et... les démocraties

  NOW PLAYING... City Fade - Against All Logic (2018). Pour un mercredi épique 

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